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feuille d’automne

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Photo N.Frieden

T.D.R

 

Novembre s’est invité dans les foyers

Les rideaux ont changé de couleur

La nature, fatiguée, se courbe au loin

Pourtant….

 

Regarde bien, sur l’arbre droit

La vie qui passe et laisse une trace

Ocre, rouge, carmin

Indélébile dans nos mémoires.

 

Bien avant le dernier soupir

Comme une offrande au vent léger

La feuille, dans un effort ultime

Dans un dernier élan de vie

Et parce qu’elle ne doit rien garder,

La feuille s’offre tout entière

A nos yeux éblouis.

 

Notre cœur soudain s’écarquille

Devant cet amour ineffable

Qui donne tout.

 

Parfois, à l’instant où s’éloignent

La sève et le sang dans nos corps

Lorsqu’on va quitter la maison

Qu’on se détache du dehors,

Comme la feuille, marron et or

De la branche et du tronc

 

Surgit le souffle divin.

 

Le banc de bois

 

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Photo, Nathalie Frieden

 

 

Au bout du banc de bois,

Il était assis, las.

Il n’avait plus le choix,

Il était assis, là.

Sur le bout de ses doigts,

Il comptait

Les jours sans toi, ni toit.

Il était assis, las.

Mais rougis par le froid,

Les doigts s’entrechoquaient;

Et sans cesse il comptait,

Et il recommençait

Au bout du banc de bois.

Il était assis, là.

Et toi tu ne sais pas,

C’était son banc de bois,

Tu ne sais pas pourquoi

Il comptait sur ses doigts.

Tu ne sauras jamais

A quel point tu comptais.

 

Il m’arrive parfois

De repasser là-bas;

Et je revois le banc

Le joli banc de bois

Nu…

 

D.A.R

Poésie parisienne: 3) l’oiseau des mers

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Laissez-moi passer,

 

Je rapporte de mon voyage sur mes ailes empesées,

Offert par les eaux que j’ai traversées et embrassées,

Un tout petit complément d’âme à saupoudrer.

 

Fourbu mais serein,

 

Si J’ai survolé le monde, ses rivières, ses chemins,

Si J’ai bu à mille sources, mangé dans mille mains,

C’est toujours au bord de la seine que je reviens.

 

Mais il est bien tard,

 

Gardiens, protecteurs de la ville, érigés dans le noir,

Les lampadaires vont s’éveiller dans la douceur du soir

Et caresser l’eau de lumière dans un élan d’espoir.

 

Avec dans l’esprit,

 

Le projet fou que l’homme, devant le fleuve qui lui sourit,

Le lendemain, réveillé enfin, se rende à la vie.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Solitude de petite fille

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S’il restait un peu de place dans son coeur tellement plein des poussières qui encombrent, elle pourrait sourire au vent qui caresse tendrement sa nuque et doucement soulève la petite jupe enfantine beaucoup trop grande pour son corps si frêle.

Si les larmes n’avaient pas dessiné de légers sillons sur ses joues , embué ses yeux, voilant l’écran pour longtemps, elle pourrait sourire au soleil qui ne brûle que les âmes irrémédiablement noircies.

Seulement voilà, les pleurs, trop nombreux pour son âge, ont considérablement réduit l’espace dans lequel l’enfance normalement épanouie porte l’espoir pour le monde qui attend.

Il en aurait fallu si peu pourtant, il suffirait de pas grand chose encore maintenant pour changer la petite fille, oublier les images rémanentes d’avant.

les fenêtres claquent des courants d’air. Elle pense à son père en cet instant, allongée par terre sur les dalles rouges, cherchant un peu de fraîcheur dans la cuisine, tandis que la chaleur écrasante de ce mois d’août dessèche l’air et parfois les sentiments.

Elle voudrait qu’il revienne et l’emmène, l’emporte loin, lui fasse oublier les regards de sa mère derrière les barreaux de cette fenêtre; les regards qui ne voient plus rien et surtout qui ne la voient plus, elle, la petite, qui ne la reconnaissent plus depuis longtemps.

Poésie parisienne : 2) Une pause sur le muret

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Une pause entre deux et le regard se pose

le temps d’une histoire qui s’accroche

Au fil de l’eau, au fil des mots.

 

S’égrènent les pages et les minutes en prose

L’inutile se disperse, il reste

La fraîcheur que renvoient les flots.

 

Le voilage de feuillage en quadrillage dépose

Sur les lignes, un reflet, une image,

Une ombre, mais pas sur le tableau.

 

Sous le soleil en suspension, l’air n’est pas chaud

Pas chaud, mais il est encore tôt

Ne pas faire tomber le stylo!

 

Comme une gravure, derrière le rideau de verdure

Quelques silhouettes en miniature

Se glissent à demi-mots.

 

Le journal saura rédiger seul les mémoires

D’un jour d’été de bord de Seine

Quand l’éternité se promène,

Amène, et fait des ronds dans l’eau.